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La protohistoire

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Le Château-Brûlé de Lourdon
La protohistoire, et plus précisément l’âge du fer (- 800 à -200), a légué à Villerest un de ses « monuments » les plus curieux, le « Château-Brûlé de Lourdon », étonnante muraille vitrifiée.
Cette fortification linéaire, longue d’environ 90 m, réduite aujourd’hui à un bourrelet de rocailles fort difficile à distinguer sous la végétation qui le recouvre, était à l’origine un véritable rempart qui barrait un promontoire limité par deux vallons abrupts, la Goutte Lourdon et la Goutte Claire. Cet éperon barré faisait face sur la rive gauche de la Loire à celui de Joeuvres sur la rive droite, mais alors que l’oppidum de Joeuvres était protégé par un « murus gallicus », celui de Lourdon l’était par cette muraille dont la particularité est de posséder dans sa partie centrale une bande de vitrification.
Pour en assurer la solidité, c’est l’hypothèse la plus couramment admise, des feux intenses ont dû être entretenus pendant une longue durée de manière à atteindre les températures très élevées (de l’ordre de 1300°) nécessaires pour amorcer la fusion superficielle des blocs de granite qui constituent le mur et ainsi les amalgamer.



Une richesse patrimoniale
Le « Château-Brûlé » a beaucoup intrigué les érudits du début du XXe, Joseph Déchelette et Stéphane Bouttet. Ce sont eux qui indéniablement ont attiré sur lui l’attention des pouvoirs publics et son classement en tant que « Monument historique » le 3 mai 1913.
Situé dans une propriété privée, il n’est actuellement visible, grâce à l’obligeance de ses propriétaires, que lors des journées du patrimoine.
L’ouverture du site permet également d’apprécier la beauté du paysage et de voir à proximité de la muraille une statue réplique de ND de Lourdes (la vierge du Lourdon).
On ne saurait quitter ce lieu magique sans évoquer les vieilles légendes recueillies par Frédéric Noëlas : la goutte du Lourdon abritant l’Ourgon, ogre redoutable, terreur des mariniers qui au début du XIXe descendaient au fil de la Loire sur leurs bateaux chargés de charbon.