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Quelques mots sur le Café Noirot du 2 février 2018

Pour la Chandeleur, trois anciens maires des environs s'attablent au Café Noirot

Avec à sa une, "La passion d'être maire" de Georges Falt, médecin et maire de Saint Denis de Cabanne pendant 34 ans, qu’accompagnaient Jean Paul Burdin, maire du Coteau et Jean Louis David, maire de Commelle-Vernay, chacun pendant deux mandats, le Café Noirot affichait complet.

Difficile de faire un portrait de l'auteur et de retracer une vie "d'engagement au service de ses concitoyens", aussi pleine et aussi riche.

A 10 ans, G.Falt  quitte  Chauffailles et son enfance pour entrer, en 6ème, interne boursier, au lycée de Roanne  En classe de première,  un  séjour de trois mois au Liban  le détermine à faire  médecine. En 1964, il choisit de s'installer, à la campagne, à Saint Denis de Cabanne. En 1974, avec son élection à 38 ans à la tête de sa commune, il entame  un long parcours d'élu local. Pendant près de quatre  décennies, il va, de jour comme de nuit, "conjuguer stéthoscope et écharpe tricolore"  Grâce à lui, verront le jour les nombreuses réalisations qui donneront un nouveau visage à Saint Denis de Cabanne et...  plus de 1200 nouveaux nés dont il est très fier. Arrivé au terme de sa carrière d'élu, il sera comblé par la venue au monde, après un "travail" long et difficile,  de son petit dernier : la nouvelle usine Altrad, aujourd’hui leader mondial de sa spécialité,  dont il eut  la joie de couper le cordon tricolore.  A sa retraite, écrire sa "passion d'être maire"  l'a aidé à sortir d'un épuisement professionnel sévère. Au moment où elles s'inquiètent de leur  avenir, G. Falt entend témoigner du rôle essentiel des petites communes et des élus ruraux dans l'aménagement et la vie de nos territoires.

Après cette évocation de son  parcours, G.Falt et ses trois collègues, invités de la soirée, se sont prêtés volontiers au jeu des questions réponses.

Que diable, quels démons vont ont poussé à briguer la fonction de maire? Le hasard!... Pas que? Qu'est ce qui a nourri votre passion amoureuse pour de métier? Le pouvoir ... de faire, d'agir pour les gens...! et peut-être, vous ne pensez pas, les bénéfices psychologiques de la fonction?. "Pour être maire, il faut aimer les gens", " On répond aux problèmes particuliers, pourvu qu'ils ne s'opposent pas à l'intérêt général". "L'intérêt général et l'apolitisme local nous ont servi de ligne de conduite", disent-ils d'une seule voix. Mais alors, comment concilier les intérêts de ma commune avec ceux de ses voisines ou ceux de la communauté d'agglomération? Parler de ma commune, au fond, c'est parler de l'Europe. La vie communale n'est pas un long fleuve tranquille, déceptions, ingratitudes, agressivités, coups de jarnac vont de pair avec les plaisirs et les honneurs. Les nuits sont parfois courtes, parsemées d'insomnies. "Se dire que l'on n'est pas propriétaire, mais seulement pour un temps dépositaire de sa fonction" est, qu'on se le dise, un excellent antidote. Quid, pour finir,  de la galère des conjoints, embarqués dans l'engagement de leur compagnon et plus rarement compagne de vie. Une femme de maire présente en témoignera!

Un brin inquiet à l'idée de se voir taquinés par les dessins humoristiques d'Alain Vulliermet et Frapp  commentés par Françoise Verchère, (une collègue maire pendant 14 ans de la commune de Bougenais, maintenant sous les feux de l'actualité de l'aéroport de Notre dame des Landes, et auteure d'un excellent Dictiomaire), les quatre anciens maires présents en subiront l'humour avec le sourire, voyant dans cette dérision bienveillante un très bon remède à "l'hypertrophie de l'ego, la maladie la plus fréquente chez les maires...  avec la surcharge pondérale".

Ce très riche Café Noirot s'est poursuivie par sa traditionnelle séquence des mets et des mots, un chaleureux moment d'échanges entre les participants, l'auteur et ses  deux complices, autour d'une moelleuse part de génoise tricolore et d'un verre de communard (Vin gamay de la Côte Roannaise, assorti de crème de cassis). Le tout sur l'air de la chanson d'Eugène Pothier, "Elle n'est pas morte", au refrain de circonstance:

                             Tout ça n'empêche pas Nicolas

                              Qu'la commune n'est pas morte"

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